Textes pour le dernier adieu

Voici un ensemble de 34 textes profanes ou religieux qui peuvent être choisis au moment du dernier adieu.

T1 – Il restera de toi

Il restera de toi ce que tu as donné
Au lieu de le garder dans des coffres rouillés.
Il restera de toi, de ton jardin secret,
Une fleur oubliée qui ne s’est pas fanée.
Ce que tu as donné en d’autres fleurira.
Celui qui perd sa vie un jour la trouvera.
Il restera de toi ce que tu as offert
Entre tes bras ouverts un matin de soleil.
Il restera de toi ce que tu as perdu
Que tu as attendu plus loin que tes réveils.
Ce que tu as offert en d’autres revivra.
Celui qui perd sa vie un jour la trouvera
Il restera de toi une larme tombée
Un sourire germé sur les yeux de ton coeur.
Il restera de toi ce que tu as semé
Que tu as partagé aux mendiants du bonheur.
Ce qui as semé en d’autres germera.
Celui qui perd sa vie un jour la trouvera.

T2 – C’est bien naturel

Quand on pense à ton grand âge
c’est bien naturel que tu sois partie.
Nous nous y attendions;
Il y avait si longtemps que tu souffrais que tu t’affaiblissais
et que tu nous disais mon heure approche.
Pourtant nous souffrons car ceux qu’on aime n’ont pas d’âge.
On les aime, c’est tout.
Tu retrouves maintenant ceux que tu as aimés.
Certains sont partis déjà depuis bien longtemps.
Nous ne les connaissions pas
mais tu nous en parlais
maintenant tu les vois.
Pour toi, le Christ, la Vierge Marie et tous les saints
vont accourir ils te prennent par la main
pour te mener au Père.

T3 – Le vaisseau

Je me repose sur le rivage.
Un vaisseau non loin de moi,
dans sa course vers l’Océan,
étend ses voiles blanches
dans la brise du matin.
Il incarne la beauté et la force,
et je reste là à le regarder s’éloigner
jusqu’à ce qu’il devienne un petit point blanc,
un petit morceau de nuage,
là où le ciel et la mer se marient à l’horizon.
Et quelqu’un s’écrie à mes côtés :
”Voilà, il est parti !”
Partir où ?
Il n’est plus visible à l’oeil nu, c’est tout.
Sa coque, sa mâture et sa vergue
sont aussi majestueuses
que lorsqu’il était près de moi,
et il est aussi capable de porter son équipage
et ses passagers à bon port.
Son rapetissement est en moi, et non en lui.
Et juste au moment où
quelqu’un à mes côtés s’écrie : ”Il est parti !”
d’autres yeux l’attendent
de l’autre côté de l’horizon
et d’autres voix s’apprêtent à crier :
”Le voici, il arrive !”
Voilà ce qu’est le mourir.

T4 – Espérance

Auteur : Mgr Bougaud

La grande et triste erreur de quelques-uns, mêmes bons,
c’est de s’imaginer que ceux que la mort emporte nous quittent.
Ils ne nous quittent pas. Ils restent.
Où sont-ils ? Dans l’ombre ?
Oh non, c’est nous qui sommes dans l’ombre.
Eux sont à côté de nous sous le voile, plus présents que jamais.
Nous ne les voyons pas parce que le nuage obscur nous enveloppe,
mais eux nous voient.
Ils tiennent leurs beaux yeux pleins de gloire
arrêtés sur nos yeux pleins de larmes.
O consolation ineffable, les morts sont des invisibles,
ce ne sont pas des absents.
J’ai souvent pensé à ce qui pourrait le mieux consoler ceux qui pleurent.
Le voici :
c’est la foi à cette présence réelle et ininterrompue de nos morts chéris.
C’est l’intuition claire, pénétrante que par la mort ils ne sont ni éteints,
ni éloignés, ni même absents, mais vivants, près de nous ;
heureux, transfigurés,
et n’ayant perdu dans ce changement glorieux
ni une délicatesse de leur âme,
ni une tendresse de leur coeur,
ni une préférence de leur amour ;
ayant au contraire dans ces profonds et doux sentiments,
grandi de cent coudées.
La mort pour les bons est la montée éblouissante dans la lumière,
dans la puissance et dans l’amour.
Ceux qui jusque-là n’étaient que des chrétiens ordinaires, deviennent parfaits ; ceux qui n’étaient que beaux deviennent bons ;
ceux qui étaient bons deviennent sublimes !

T5 -La mort n’est rien

Auteur : Chanoine Henri Scott Holland (1847-1918)

La mort est rien. Je suis simplement passé dans la pièce à côté. Je suis moi. Tu es toi.
Ce que nous étions l’un pour l’autre, nous le sommes toujours.
Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné.
Parle-moi comme tu l’as toujours fait.
N’emploie pas de ton différent.
Ne prends pas un air solennel ou triste.
Continue à rire de ce qui nous faisait vivre ensemble.
Prie. Souris. Pense à moi. Prie pour moi.
Que mon nom soit toujours prononcé à la maison
comme il l’a toujours été.
Sans emphase d’aucune sorte
et sans trace d’ombre.
La vie signifie ce qu’elle a toujours signifié.
Elle reste ce qu’elle a toujours été.
Le fil n’est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de ta pensée,
simplement parce que je suis hors de ta vue ?
Je t’attends. Je ne suis pas loin.
Juste de l’autre côté du chemin.
Tu vois, tout est bien.

T6 – Ils sont toujours vivants

Auteur : Martin Gray

Je n’ai qu’une certitude :
Ceux que j’ai aimés, ma famille, mes camarades, mes enfants,
Demeurent vivants en moi. Ils guident encore mes pas.
Leur être fidèle, ce n’est pas s’enfermer dans la douleur.
Il faut continuer de creuser le sillon : droit et profond.
Comme ils l’auraient fait eux-mêmes.
Comme on l’aurait fait avec eux, pour eux.
Être fidèle à ceux qui sont morts,
C’est vivre comme ils auraient vécu, c’est les faire vivre en nous,
C’est transmettre leur visage, leur voix, leur message aux autres.
Ainsi, la vie des disparus germe sans fin.
Je ne sais pas si je dois me dire croyant.
Je ne puis dire : je crois en Dieu.
Je ne puis dire non plus : je crois…
Ce que je sais seulement,
C’est que la mort ne détruit pas l’amour que l’on portait
A ceux qui ne sont plus…
Je le sais parce que tous les jours je vis avec les miens…
Ce que je sais aussi, c’est que la vie doit avoir un sens.
Ce que je sais encore, c’est que l’amour est la clé de l’existence.
Ce que je sais enfin, c’est que l’amour, le bien, la fidélité et l’espoir
Triomphent finalement toujours du mal, de la mort et de la barbarie.
Tout cela, je le sais, je le crois…
Dieu est-il au creux de ces certitudes ?
Je ne sais pas… Je cherche…

T7 – A ceux que j’aime

Auteur : Charlotte Néwashish-Flamand

À ceux que j’aime et ceux qui m’aiment
Quand je ne serai plus là, relâchez-moi.
Laissez moi partir, j’ai tellement de choses à faire et à voir.

Ne pleurez pas en pensant à moi,
soyez reconnaissants pour les belles années,
je vous ai donné mon amitié,
vous pouvez seulement deviner le bonheur
que vous m’avez apporté.

Je vous remercie de l’Amour
que chacun m’a démontré,
maintenant il est temps de voyager seul.
Pour un court moment, vous pouvez avoir de la peine.
La Foi vous apportera réconfort et consolation.
Nous serons séparés pour quelques temps.
Laissez les souvenirs apaiser votre douleur,
je ne suis pas loin et la Vie continue…

Si vous en avez de besoin,
appelez-moi et je viendrai.
Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je serai là.
Et si vous écoutez votre coeur,
vous éprouverez clairement la douceur
de l’amour que j’apporterai.
Et quand il sera temps pour vous de partir,
je serai là pour vous accueillir.
Absent de mon corps, présent avec Dieu.

N’allez pas sur ma tombe pour pleurer,
je ne suis pas là, je ne dors pas.
Je suis les mille vents qui soufflent.
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé. Je suis la douce pluie d’automne.
Je suis l’éveil des oiseaux dans le calme du matin.
Je suis celui qui brille dans la nuit.
N’allez pas sur ma tombe pour pleurer
je ne suis pas là, je ne suis pas mort
Au revoir.

T8 – Nous n’avons jamais su

Nous n’avons jamais su vraiment ce que tu pensais sur plein de choses pourtant essentielles.
Tu ne parlais jamais de Dieu, mais tu allais à l’église de temps en temps pour dire adieu à tes amis quand ils mouraient, pour partager la joie de ceux qui se mariaient, pour accueillir les enfants de la famille ou des amis quand on les baptisait et pour les entourer plus tard quand ils faisaient leur première communion.

Aujourd’hui, nous tes proches nous te disons adieu,
Nous espérons que silencieusement tu as rejoint
Ceux que tu aimais, ceux dont tu avais partagé le travail, les soucis,
Ceux que tu avais aidés ou qui t’avaient rendu service.

Demain, nous aussi nous partirons
Sans avoir terminé notre travail,
Nous laisserons sans doute des choses à faire,
Nous abandonnerons nos travaux entrepris
Que d’autres, à notre place, poursuivront.

Mais ce jour-là nous espérons te retrouver,
nous viendrons, silencieusement,
nous asseoir auprès de toi
dans la maison de Dieu.

T9 – Rien qu’un petit mot

Rien qu’un petit mot pour te dire que l’on ne t’oubliera pas,
que l’on se souviendra toujours de ton visage,
et de ton sourire radieux. 

Rien qu’un petit mot pour te demander
de nous aider à surmonter les rudes épreuves d’ici-bas. 
Pour te supplier de nous envoyer, du plus profond de ta victoire,
ce petit morceau de bonheur, qui s’est perdu dans le labyrinthe de la haine. 

Rien qu’un petit mot pour t’implorer d’effacer
les fissures, les injures, les obstacles, les incompréhensions.
Pour te rappeler que l’on compte sur toi,
que l’on a besoin de ta force,
enfin, rien qu’un petit mot pour t’affirmer
que l’on t’aime d’un amour si puissant
que le plus grand palais, que le plus pur rubis,
n’est, en comparaison, qu’éphémère beauté. 

 

T10 -Je ne vous ai pas quitté

 

Auteur : Charles Péguy

Je suis seulement passé dans la pièce à côté.
Je suis moi, vous êtes vous.
Ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours.
Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné.
Parlez de moi comme vous l’avez toujours fait.
N’employez pas un ton différent,
ne prenez pas un air solennel et triste.
Continuez de rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.
Que mon nom soit prononcé comme il l’a toujours été,
sans emphase d’aucune sorte, sans une trace d’ombre.
Le vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié.
Elle est ce qu’elle a toujours été. Le fil n’est pas coupé.
Pourquoi serai-je hors de votre pensée,
simplement parce que je suis hors de votre vue ?
Je vous attends. Je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin.

T11 – Hymne pour le futur

Quand je mourrai, je veux que l’on sache que je ne suis pas morte…
Je serai à chacun toute entière présente,
à chacun des amis, des aimés, des enfants.
Ce que je n’aurai pas su faire de mon vivant,
je parviendrai enfin à le réaliser : être tout à chacun, sans m’isoler de l’autre.
Mon sourire en Dieu effacera les larmes de la séparation,
misérable illusion de nos yeux d’incarnés qui ne savent pas voir.
Je serai avec vous dans vos instants de grâce.
Lorsque le silence installé dans vos coeurs,
vous laisserez tranquilles s’écouler vos pensées,
je viendrai visiter vos âmes et m’y asseoir,
comme dans la maison ouverte d’un ami.
Je puis être avec vous lorsque vous m’appelez,
par un élan d’amour, une forte pensée,
et vivre en même temps quelque part en « ailleurs ».
Surtout mes amis, ne pleurez pas…
Faites-moi, je vous prie, cette grâce dernière :
offrez votre paix, le sourire du coeur.
Mais une image doit rester : choisissez la plus belle, la plus gaie,
celle où sur mon visage étincelait la joie.
C’est ainsi que ma joie répondra à votre âme.
Et puis, si vous pouvez, si cela vous agrée, je vous en prie, priez.
Non pas une prière-demande,
ni une prière pour les morts, ni une prière de commande…
Mais lorsqu’au coeur du Christ vous serez reliés,
introduisez en vous mon image un instant,
et mettez-moi au chaud dans votre élan de prière.
Adieu ? Non – Au revoir ?… Disons : « A maintenant »

T12 – C’est qui, grand-mère ?

Grand-Mère, dans le dictionnaire,
c’est la mère de notre père ou de notre mère.
Mais ce ne sont là que des mots !
C’est qui en fait Grand-Mère?
Grand-Mère, c’est comme Amour,
celui que J’on donne avec liberté, générosité, sincérité.
Grand-Mère, c’est comme Réconfort,
quelle force, quel courage de redonner le moral,
la confiance à ceux qui l’ont perdue
quand on est âgée comme toi !
Grand-Mère, c’est comme Bonté,
partager, regarder, se préoccuper de son prochain
comme tu savais si bien le faire !…
Grand-Mère, c’est comme Gâteau,
ces après-midi passés ensemble,
goûters, jeux, chansons, enfance, joie…
Grand-Mère, c’est comme Foi,
la tienne est si grande, si simple et si pure
que cela nous donnait envie de l’accaparer !
Grand-Mère, c’est comme Prière,
ce temps passé, ces tonnes de mots prononcés,
cette énergie déployée, cette volonté !.. Formidable !..
Grand-Mère, c’est comme Famille,
le trait d’union, le lien, le centre
parce que l’on se sentait bien auprès de toi, ensemble.
Grand-Mère, c’est comme Souffrance,
celle qui t’accompagnait tous les jours
et que tu offrais, sans te plaindre, toujours !
Aujourd’hui, Grand-Mère, c’est comme une Douleur…
Tu n’es plus là… Mais si !.. Mais non !.. C’est pas possible !..J’te vois encore… Il y a quelque chose qui m’échappe : c’est le vide, le regret. Nous sommes tristes… Mais non, il faut se réjouir:
Tu es Là-Haut, avec Lui, avec Eux, avec Nous… Tu es heureuse.
Grand-Mère, c’est comme Bonheur, enfin !…
Merci, Grand-Mère !

T13 – Grand père vient de mourir

Grand-Père vient de mourir…
Il n’allait pourtant pas si mal ! …
Nous aurions pu penser être préparés à cet événement
et pourtant sa mort nous bouleverse
comme si elle n’avait dû jamais se produire !
Il était si bon ! Il comprenait tout !
Je sais que la mort d’un enfant apparaît plus horrible, scandaleuse,
ou celle d’une jeune maman…
Mais, l’idée que la mort de Grand-Père serait normale
parce qu’il était âgé ça nous révolte.
Peut-être est-ce vrai que notre machine, une fois usée,
N’a plus qu’à s’arrêter…
Mais, Grand-Père n’était pas qu’une machine
C’était « Lui »
Nous aurions voulu qu’il vive mille ans !
Vous direz que je perds la tête ;
Mais n’est-ce pas la mort qui est absurde ?
Oh, nous savons que tout cela est bien banal,
la mort est un sujet de réflexions, de philosophie,
de littérature inépuisable!
Mais nous n’arrivons pas à croire que tout soit simplement absurde :
qu’on naisse sans savoir pourquoi,
qu’on meure sans savoir pourquoi, et c’est tout !
Il doit y avoir un sens, une cause cachée !
Qu’une plante meure, qu’un chien meure, peut-être…
mais pas Grand Père !
« Les yeux qu’on ferme voient encore »…
oui, il doit y avoir quelque chose de cela !
Mais si quelquefois la vie nous fait douter,
Au fond de nous mêmes, nous croyons qu’il y a Dieu
Et la vie éternelle après la mort.
Dire cela nous console?.. Non, ce n’est pas le mot.
Et cependant ça change tout…
La mort, le péché, le mal, le Christ ??? …
Peut-être y a-t-il à tout cela une explication
qu’un jour nous saurons ?..
Je le voudrais !

T14 – Des traces sur le sable

Auteur : Adémas De Barras

J’ai rêvé que je cheminais sur la plage en compagnie du Seigneur,
et que, dans la toile de ma vie, se réfléchissaient tous les jours de ma vie.
J’ai regardé en arrière, et j’ai vu qu’à ce jour
où passait le film de ma vie surgissaient des traces sur le sable ;
l’une était mienne, l’autre celle du Seigneur.
Ainsi nous continuions à marcher
jusqu’à ce que tous mes jours fussent achevés.
Alors je me suis arrêté, j’ai regardé en arrière.
J’ai retrouvé alors qu’en certains endroits
il y avait seulement une empreinte de pied…
Et ces lieux coïncidaient justement avec les jours les plus difficiles de ma vie,
les jours de plus grande angoisse,
de plus grande peur, et de plus grandes douleurs…
J’ai donc interrogé :
“Seigneur, tu as dit que tu étais avec moi tous les jours de ma vie,
et j’ai accepté de vivre avec toi.
Mais, pourquoi m’as-tu laissé seul,
dans les pires moments de ma vie ? ”
Et le Seigneur me répondit :
“Mon Fils, je t’aime, j’ai dit que je serais avec toi durant la promenade,
et que je ne te laisserais pas une seule minute.
Je ne t’ai pas abandonné.
Les jours où tu as vu à peine une trace sur le sable
furent les jours où je t’ai porté…”

T15 – Le suprême jour de l’homme

Auteur : Jacques LECLERCQ

Je suis la résurrection et la vie, dit Jésus
Qui croit en moi, fût-il mort, vivra.
Et je crois oui je crois qu’un jour ton jour Ô mon Dieu !
Je m’avancerai vers toi, avec mes pas titubants,
avec toutes mes larmes dans mes mains,
et ce coeur merveilleux que tu nous as donné,
ce coeur trop grand pour nous puisqu’il est fait pour toi…
Un jour, je viendrai, et tu liras sur mon visage toute la détresse,
tous les combats, tous les échecs des chemins de la liberté,
et tu verras tout mon péché.
Mais je sais, ô mon Dieu, que ce n’est pas grave le péché,
Quand on est devant toi.
Car c’est devant les hommes que l’on est humilié.
Mais devant toi, c’est merveilleux d’être si pauvre, puisqu’on est tant aimé!
Un jour, ton jour, Ô mon Dieu, je viendrai vers toi. ,
Et dans la formidable explosion de ma résurrection,
je saurai enfin que la tendresse, c’est toi,
que ma liberté, c’est encore toi.
Je viendrai vers toi, ô mon Dieu, et tu me donneras ton visage.
Je viendrai vers toi avec mon rave le plus fou :
t’apporter le monde dans mes bras.
Je viendrai vers toi et je te crierai à pleine voix
Toute la vérité de la vie sur la terre.
Père ! J’ai tenté d’être un Homme et Je suis ton enfant «

T16 – Passage vers la vie

Auteurs: Sr Marie-Pierre (Chambarand) – Fr Pierre-Yves (Taizé)

O mort, où est ta victoire ?
La Pâque du Christ fait de toi sa servante
Te voilà passage vers la vie, éternelle joie.
Dure épreuve pourtant : obliger nos mains,
à lâcher ce qu’elles tiennent, Te laisser
nous ravir à nous-mêmes.
Le Seigneur des vivants
nous libère de l’emprise de la mort.
Jusqu’à la croix, Jésus nous a aimés :
La mort qui sépare et détruit
devient signe d’amour.
L’amère saison du grain jeté en terre
annonce le temps de la moisson :
la mort vaincue est semence de la vie.
Tant de frères et de soeurs que la mort
nous a pris :
creuset de solitude
pour une communion sans limite.

T17 – Pour un nouveau voyage ?

Quelqu’un meurt, et c’est comme des pas qui s’arrêtent…
Mais si c’était un départ pour un nouveau voyage?
Quelqu’un meurt, et c’est comme un arbre qui tombe…
Mais si c’était une graine germant dans une terre nouvelle?
Quelqu’un meurt, et c’est comme une porte qui claque…
Mais si c’était un passage s’ouvrant sur d’autres paysages?
Quelqu’un meurt, et c’est comme un silence qui hurle…
Mais s’il nous aidait à entendre la fragile musique de la vie?

T18 – Ici s’achève ton chemin

Ici s’achève ton chemin parmi nous,
Mais ici nous reviendrons
Pour nous souvenir pour continuer avec toi,
dans le même sens, ces années où nous avons marché ensemble.
Nous voici avec toi au moment
où tu entres dans une communion nouvelle et plus forte avec nous.
Ce que tu as vécu, tout cela continue aujourd’hui,
et l’élan que tu as pris, qui l’arrêtera ?
Et maintenant, Seigneur Jésus-Christ,
c’est vers toi que nous regardons,
toi, l’un de nous, toi, plus grand que nous ;
ce que tu as vécu sur cette terre,
tout cela continue à travers nous ;
et l’élan que tu nous a communiqué, qui l’arrêtera?
Toi, en qui l’homme reconnaît son vrai visage,
toi, qui nous appelles au delà de nous-mêmes,
toi, déjà présent, dans ces liens noués entre les hommes toi,
Jésus Christ, tiens nous debout dans cet amour plus fort que la mort.

T19 – Un amour m’attend

Auteur : Mère Alice Aimée (1896-1976), carmélite

Ce qui se passera de l’autre côté,
Quand tout pour moi aura basculé dans l’éternité,
Je ne le sais pas.
Je crois, je crois seulement, qu’un Amour m’attend.
Je sais pourtant qu’alors il me faudra faire,
pauvre et sans poids, le bilan de moi.
Mais ne pensez pas que je désespère.
Je crois, je crois tellement qu’un Amour m’attend.
Quand je meurs, ne pleurez pas ;
C’est un Amour qui me prend.
Si j’ai peur – et pourquoi pas ?- rappelez-moi simplement
qu’un Amour Un Amour m’attend.
Il va m’ouvrir tout entière à sa joie, à sa lumière.
Oui, Père, je viens à toi dans le vent,
dont on ne sait ni d’où il vient,
Ni où il va, vers ton Amour, ton Amour qui m’attend.

T20 – Comment veux-tu ?

Comment veux-tu, Seigneur,
que nous vivions dans la joie
lorsque ta tendresse nous conduit
par les sentiers de la peine,
et que nous nous sentons seuls,
abandonnés, sans grâces ?

Comment veux-tu, Seigneur,
que nous marchions heureux,
insouciants, rayonnant ton Amour
parmi nos frères ?
Nous avons beau regarder
les lys des champs et les passereaux…

Comment veux-tu, Seigneur,
que notre foi soit la plus forte,
transfigurant notre vie en Espérance
et en Charité,
quand chaque matin il nous faut
recharger notre douleur sur nos épaules ?

Comment veux-tu, Seigneur,
que nous chantions ta gloire,
alors que vient d’être fauché
à nos côtés le blé en herbe
et que nos yeux embrouillés
par les larmes te reconnaissent mal,
Toi qui nous as dit :
”Je suis la Voie, la Vérité et la Vie” ?

Comment veux-tu, Seigneur,
que nous nous en sortions,
si tu ne viens pas nous aider
à porter notre croix,
afin que nous montions
vers la Pâque où tu gardes notre enfant ?

T21 – Il essuiera toutes larmes de leurs yeux

 

Auteur : Stan Rougier

De la Vie éternelle, je ne sais pas grand chose,
sinon que plus jamais l’homme ne sera loup pour l’homme.
L’homme plus jamais n’accablera, ne jugera, n’humiliera son frère,
l’Absolu rassasiant notre coeur, nous verrons partout ses reflets.

De la Vie à venir, je ne sais pas grand chose
sinon que notre corps ne saura plus gémir.
Plus jamais cette angoisse qui nous étreint à la gorge…
Les longues nuits avec ces cruels souvenirs
de trop de grands bonheurs perdus,
les nuits qui n’en finissent pas…
”Dieu essuiera toute larme de leurs yeux..”
”De mort, il n’y en aura plus..”
”Car l’Ancien monde s’en est allé.”

De la Vie qui viendra, je ne sais pas grand chose,
sinon que la douceur aura gagné sur la violence.
Le fort n’écrasera plus le faible…
Il n’y aura plus de faibles !
Les hommes se déclareront la Paix.
”L’enfant jouera sur le trou du cobra.”
Chacun s’enchantera de la différence de l’autre,
les parcelles de vérité, comme un puzzle achevé,
seront réconciliées.
”Les grandes eaux ne pourront éteindre l’Amour,
ni les fleuves le submerger.”

De la Vie qui t’attend, je ne sais qu’une chose…
Dieu sera tout, en tous,
l’Amour sera tout pour chacun.
L’homme aura retrouvé la passerelle
qui mène au coeur de son frère
et qui a nom Esprit Saint.
”Et cette joie, nul, jamais ne pourra la ravir.”

T22 – Je suis parti

Auteur : Eric Lopez

Vous qui me pleurez,
Cessez d’être tristes.
Je ne vous ai pas quittés,
Je serai toujours avec vous,
Je serai dans vos pensées,
Je serai dans vos coeurs.
Vous me garderez dans vos souvenirs.
Je vous accompagnerai tout le long de votre vie.
Moi je ne suis pas triste.
Ne pleurez pas.
Je ne suis pas seul.
Dieu m’a accueilli dans son Royaume.
Ses Anges veillent sur moi.
J’ai retrouvé ceux qui étaient partis.
Lorsque le jour viendra
Où vous me rejoindrez,
Je serai là pour vous tendre la main,
Et nous vivrons heureux
Dans le Royaume du Dieu Eternel,
Dans un pays où la plénitude est reine.
Je vous le dis, ne soyez pas tristes.
Ne pleurez plus.
Priez pour moi.
Je vous entendrai.

T23 – La mort

Auteur : Marthe Robin

La mort :
c’est la grâce des grâces
et le couronnement de notre vie chrétienne.
Elle n’est pas une fin comme,
hélas encore trop le pensent,
mais le commencement d’une belle naissance.
Elle ne marque pas l’heure de la dissolution d’une créature,
mais son véritable développement,
son plein épanouissement dans l’amour.
Elle complète notre possession dans la vie divine,
en supprime les obstacles, qui, ici-bas,
nous empêchent d’en jouir à notre aise.
Elle nous permet de vaquer librement
à l’Eternel Amour, d’avoir conscience
qu’Il se donne à nous et de demeurer à jamais en Lui…
Quand je pense à la mort prochaine, je me dis:
”tant mieux, bientôt j’irai voir le Bon Dieu !”.

T24 – Le jour où je partirai

Auteur : Jean-Pierre Morsa

Le jour où je partirai, sache que je ne serai pas loin de toi.
Là où je vais le temps et l’espace sont bien différents.
Mais rien ne pourra me faire oublier les joies de ta présence, toute cette route que nous avons marché ensemble
avec ses cahots, ses dos d’ânes;
ses rires, ses chances.
Tu sais, lorsqu’on aime vraiment,
Seuls les bons souvenirs demeurent;
Le reste s’efface comme une vague
s’échoue sur une plage anonyme.
Toute la tendresse qui nous unit restera toujours comme un lien inséparable.
Sache que je ne serai pas loin de toi.

Le jour où je partirai,
que le temps soit beau ou mauvais,
mon coeur sera ensoleillé par cette vérité
que j’ai longtemps cherchée.
Ce côté de la vie qui fait peur
parce qu’on croit quitter ceux qu’on aime.
Là où je vais, il n’y aura ni guerre, ni jalousie, ni misère, ni mensonge.
Je quitte ceux que j’aime pour retrouver ceux que j’ai aimés.
Nous serons tous un jour dans cette dimension qu’on appelle ”amour, accueil et parfois même plénitude”.
Ce jour, je saurai vraiment qui je suis; qui tu es; pourquoi je vous ai tant aimé.
Que le temps soit beau ou mauvais,
mon coeur sera ensoleillé.

Le jour où je partirai,
vous resterez pour moi bien plus
que la photo vivante de visages de lumière
le ton d’une voix qui enchante la vie jusqu’à l’emphase.
Je vous attendrai car notre amour ne peut s’arrêter là, il ne peut que s’amplifier.
Et si le temps vous semble long, pensez à moi, appelez moi comme vous l’avez toujours fait.
Sachez que vous avez toujours fait partie de moi par votre présence.
Si vous pleurez, je pleure, si vous riez, je ris.
Je vous aime de cet amour qu’on ne peut séparer ni par le temps, ni par l’espace.
Vous êtes pour moi la photo vivante
de l’aventure de notre vie.

Tu sais, tout est vrai.
Le jour où je partirai vers l’autre rive,
Tout notre passé sera là devant mes yeux,
Comme le cadeau de ta présence et la soif de te revoir.

T25 – Le suprême jour de l’homme

Auteur : Jacques Leclercq

Je suis la résurrection et la vie, dit Jésus.
Qui croit en moi, fut-il mort, vivra.

Et je crois, oui, je crois qu’un jour, ton jour, ô mon Dieu, je m’avancerai vers Toi,
avec mes pas titubants,
avec toutes mes larmes dans mes mains,
et ce coeur merveilleux que tu nous as donné, ce coeur trop grand pour nous puisqu’il est fait pour Toi…

Un jour, je viendrai,
et tu liras sur mon visage
toute la détresse, tous les combats,
tous les échecs des chemins de la liberté,
et tu verras tout mon péché.
Mais je sais, ô mon Dieu,
que ce n’est pas grave le péché,
quand on est devant Toi.
Car c’est devant les hommes que l’on est humilié, mais devant Toi, c’est merveilleux d’être si pauvre, puisqu’on est tant aimé !

Un jour, ton jour, ô mon Dieu, je viendrai vers Toi.
Et dans la formidable explosion de ma résurrection,
je saurai enfin que la tendresse, c’est Toi,
que ma liberté, c’est encore Toi.
Je viendrai vers Toi, ô mon Dieu,
et tu me donneras ton visage.
Je viendrai vers Toi avec mon rêve le plus fou :
t’apporter le monde dans mes bras.
Je viendrai vers Toi, et je te crierai à pleine voix
toute la vérité de la vie sur la terre.
Je te crierai mon cri qui vient du fond des âges :
”Père, j’ai tenté d’être un Homme, et je suis ton enfant…”

T26 – Ne pleurez pas, Je vous aime

Dieu m’a rappelé, aussi avant de le rejoindre,
je vous laisse ce message d’Adieu et d’ Au revoir.
A tous mes proches, mon épouse, mes enfants et petits enfants,
Je vous demanderai de plus pleurer.
Séchez vos larmes, la vie pour vous continue.
Sachez que je pars pour l’Autre monde,
heureux d’avoir vécu parmi vous.
Tout au long de la vie que Dieu m’a donné
J’ai pu vous apprécier et vous aimer.
Un amour d’un époux, d’un père et d’un grand père
qui j’espère très profondément,
ne vous a été pas insensible.
Vous m’avez peut être plus aimé que j’ai su le faire,
pardon s’il y en a été ainsi.
Dans le monde Céleste qui m’attend,
Sachez que je serai toujours près de vous.
Ma présence sera largement remplacée
par celle du monde Céleste.
Croyez en l’amour que je vous ai toujours donné,
comme celui que le Christ m’a donné.
Ne pleurez plus, essayez de sourire car je vous aime trop
pour vous voir si anéantis.
Je suis et serai toujours près de vous parce que je vous aime.
A tous mes amis, voisins, connaissances,
Merci d’êtres ici, présents lors de mon départ.
A ceux qui m’ont bien connus et aux autres,
Je leur dis encore ”Merci pour vôtre amitié”.
J’arrive à la fin de mon message,
Je ne vous dis pas Adieu mais Au revoir
dans un monde Céleste que Dieu a fait pour ses Enfants.
Tous, aimez et remplissez bien la Vie
que nous avons reçus du Père
et vous serez heureux.

T27 – Pour notre enfant parti si tôt

Seigneur, nous avons du mal à comprendre
que l’on puisse mourir si jeune,
qu’une vie soit brisée
alors qu’elle commençait à s’éveiller.

Tu nous vois déchirés et abattus ;
la mort de notre enfant nous semble une injustice.

Alors, nous nous tournons vers Toi
pour te dire notre peine.

Ne nous laisse pas seuls au fond de notre tristesse ;
aide-nous à supporter le vide qui s’est creusé parmi nous ; fortifie notre espérance au-delà de notre souffrance.

Accueille ma tendre enfant
comme un père accueille en sa maison ;
donne-lui le bonheur que Tu promets
et l’éternelle jeunesse de Jésus-Christ.

T28 – J’accepte volontiers

Aujourd’hui, j’accepte volontiers vos pleurs,
mais quand la peine sera passée,
j’accepterai vos rires et votre humour comme avant.
Ne vous gênez pas pour pleurer,
car cela est nécessaire ;
mais soyez conscients que vous pleurez sur vous-mêmes.
Ne le faites surtout pas pour moi,
je suis délivrée et heureuse,
car je peux enfin voler
comme j’ai toujours rêvé de le faire.
C’est seulement mon corps malade
qui a disparu de la surface de notre vieille planète,
mon Esprit, quant à lui,
continuera sa route comme il doit le faire.

J’ai accompli ma mission sur la terre,
mais elle n’est pas finie pour autant.
Si vous avez besoin de mon aide,
ne me tirez pas vers vous
avec vos pleurs et vos lamentations :
vous savez que ce n’est pas mon genre.
Elevez-vous plutôt vers moi
et je vous aiderai à ma façon.
J’ai fait tellement de choses dans ma vie.
Papa et moi avons pratiquement accompli
tout ce que nous devions accomplir.
Acceptez que je passe maintenant à autre chose.
Car c’est exactement ce que je suis en train de faire.
Quelles que soient vos croyances,
conservez-les comme j’ai conservé les miennes,
mais respectez toujours celles des autres :
car nul ne peut prétendre posséder la vérité.

Pensez à la vie que je commence,
et non à celle que je finis.
Je vous laisse en vous affirmant
que même les pires évènements de la vie
peuvent être vécus avec joie :
ne suis-je pas moi-même partie en douceur.

Ma chanson préférée était :
” Que c’est beau la Vie ”
et je continue à la chanter ici, croyez-moi.
La mort, telle que je l’ai vécue
avec ceux qui m’ont accompagnée
de façon si respectueuse,
est une merveilleuse transition.
Elle a été pour moi une véritable délivrance.

En terminant, je vous laisse ce message :
Profitez de la vie à chaque instant qui passe.
Aimez-la même quand les nuages assombrissent votre ciel ; dîtes-vous qu’ils ne sont que temporaires.
Tout à l’heure, en retournant chez vous,
chantez intérieurement ou à pleine voix avec moi :
” Que c’est beau la Vie ” .
Faîtes de même lorsque mon souvenir remontera en vous
et vous emplira de nostalgie.
Ce sera ma façon de vous donner une tape dans le dos
pour vous donner le courage de vivre pleinement votre vie.

T29 – Au moment où tu t’en vas,

Auteur : Jacques Nieuviarts

Au moment où tu t’en vas,
nous avons comme un vide aux yeux et au cœur,
mais en même temps une immense reconnaissance,
une immense gratitude, pour ce qu’a été ta vie.
Elle a plus que croisé la nôtre, elle l’a éclairée,
elle y a apporté au fil des jours l’humour, le bonheur,
parfois le silence, le frôlement du mystère,
elle y a apporté le rire et la joie.

Ta vie était tissée avec la nôtre,
et toi, c’est un peu nous.
C’est drôle, plus profond que la tristesse,
c’est un bonheur de penser à toi
et recueillir comme on recueille le miel
cette respiration des jours que tu as éclairés pour nous.

Ce qui fut demeure.
On ne peut rayer d’un trait de plume
ce que l’on a ainsi tissé.
Tu es parti, mais c’est mystérieux,
ce sentiment que nous ressentons,
de demeurer pourtant étrangement proches.

Aujourd’hui, il y a des jours de silence,
des jours vides ou comme privés de soleil,
mais aussi tous ces jours où nous avons le sentiment
que le ciel est ouvert et que – mais comment le dire ? –
tu le rends si proche, un peu compagnon de marche,
compagnon de nous.
Alors nous poursuivons notre marche,
et en pensant à toi, nous pensons autrement à Dieu,
à toi Notre Père, qui es aux cieux.
Elle est grande ta bonté !
Apprends-nous à marcher en ta présence,
chercheurs discrets et confiants, tenaces aussi, de ta présence.
Tu es béni, toi Notre Père.
Celui, celle, ceux qui nous ont, précédés,
nous les confions à ton amour et à ta lumineuse présence.
Veille aussi sur nous. Amen !

T30 – Cherchez en avant

Auteur : Pierre Teilhard de Chardin

Celui qui est parti, ne le cherchez pas en arrière,
ni ici, ni là, ni dans les vestiges matériels qui vous sont naturellement chers.
Il n’est plus là, il ne vous attend plus là.
C’est en avant qu’il faut le chercher,
dans la construction de votre vie renouvelée…

Soyez-lui fidèle là, et non point dans une sentimentalité rétrospective
avec laquelle il faut avoir le courage de rompre.
Sa véritable trace n’est pas dans certaines manifestations de son activité.
Sa disparition même, si douloureuse qu’elle puisse vous paraître,
doit vous libérer, non vous déprimer.

Non pas oublier, mais chercher en avant.
Malgré tout ce que vous pouvez sentir ou croire,
reconnaître avec évidence que votre vie doit se poursuivre.
Je suis persuadé qu’elle commence.
Décidez-vous seulement à ne plus vivre dans le passé,
ce qui ne veut pas dire que vous oublierez celui-ci,
mais seulement que votre manière – la vraie – de lui être fidèle
doit consister à construire en avant,
c’est-à-dire à être digne de lui.

Ne vous isolez donc pas.
Ne vous repliez pas au fond de vous-mêmes.
Mais voyez le plus possible vos amis.
Donnez-vous. C’est ce don qui vous libérera et vous épanouira.

T31-   Ne pleure pas si tu m’aimes

Auteur : Selon saint Augustin

Si tu savais le don de Dieu et ce que c’est que le Ciel !
Si tu pouvais, d’ici, entendre le chant des anges
et me voir au milieu d’eux! …

Si tu pouvais voir se dérouler sous tes yeux les horizons
et les champs éternels,
les nouveaux sentiers où je marche

Si un instant tu pouvais contempler comme moi
la Beauté devant laquelle toutes les beautés pâlissent !

Quoi ! Tu m’as vu, tu m’as aimé dans le pays des ombres,
et tu ne pourrais ni me revoir,
ni m’aimer encore dans le pays des immuables réalités ?

Crois-moi, quand la mort viendra briser tes liens
comme elle a brisé ceux qui m’enchaînaient,
et quand un jour que Dieu connaît et qu’il a fixé,
ton âme viendra dans le Ciel où l’a précédée la mienne,
ce jour-là tu reverras celui qui t’aimait
et qui t’aime encore, tu retrouveras son cœur,
tu en retrouveras les tendresses épurées.

À Dieu ne plaise qu’entrant dans une vie plus heureuse,
infidèle aux souvenirs et aux vraies joies de mon autre vie,
je sois devenu moins aimant !

T32 – Cette nuit ta vie s’est envolée

Cette nuit ta vie s’est envolée
Nous laissant dans la douleur et les pleurs
Toi que nous avons aimé
Ton absence nous fend le cœur.

Tu t’es éteint sans faire de bruit
Le cœur en paix, l’esprit tranquille
Toute ta famille autour de toi
Dernier adieu si difficile.

Il restera les souvenirs
Les bons moments passés ensemble
L’écho lointain de tous nos rires
Ces petits riens qui nous rassemblent.

Nos âmes blessées par ce départ
Les larmes brillent dans tous nos yeux
Mais tu seras dans nos mémoires
Comme avant toi tous nos aïeux.

D’un naturel un peu blagueur
Toute cette tristesse t’aurait touché
Que tu sois la cause de notre malheur
T’aurait certainement peiné.

Cet au-revoir est le dernier
Gardons en nous une belle image
Celle de ton visage tant aimé
Jusqu’à la fin de ton voyage

T33 – Tu es vivant

Tu ne parles plus mais tu es vivant.
Tu ne bouges plus mais tu es vivant.
Tu ne souris plus mais en arrière de tes yeux tu me regardes.
De très loin ? Peut être de très près ?
Je ne sais rien de ces distances.
Je ne sais plus rien de toi,
mais tu sais maintenant davantage de choses sur moi.
Tu es en Dieu.
Je ne sais pas ce que cela peut vouloir dire
mais sûrement ce que tu voulais et ce que je veux pour toi.
Je le crois.
Toute ma foi, je la rassemble.
Elle est maintenant mon seul lien avec toi.
Jésus, donne-moi de croire à ta victoire sur la mort.
Celui que j’aime veut entrer dans ta joie.
S’il n’est pas prêt, je te prie pour lui, achève sa préparation.
Pardonne-lui comme tu sais pardonner.
Aide-moi à vivre sans sa voix, sans ses yeux.
Que je ne le déçoive pas
maintenant qu’il va me voir vivre et m’attendre.

T34 – Nous te cherchons partout

Paul Eluard

Nous voici aujourd’hui au bord du vide 
puisque nous cherchons partout
 Ton visage que nous avons perdu.
Tu étais notre avenir 
Et nous avons perdu notre avenir.
Tu étais des nôtres
 Et nous avons perdu cette part de nous-mêmes.
Tu nous questionnais 
Et nous avons perdu ta question.
Nous voici seuls 
Nos lèvres serrées sur nos pourquoi
.

Nous sommes venus ici chercher
, Chercher quelque chose
 Ou quelqu’un.
Chercher… Chercher cet amour plus fort que tout. Nous te cherchons partout.
Dans le silence

C’est dans le silence,
 Dans le vide, dans l’absence,  que je pense à toi, que je te revois.
J’erre sans dessein, je cours, je fuis sans fin. Notre rencontre, notre histoire, Notre amitié, ton départ.

Ami, je t’aime… Vois : mon cœur n’est plus le même… Penser à toi me fait souffrir, De la mémoire, je suis martyre.

Mais je veux souffrir, crier, pleurer, 
Rêver de toi, t’imaginer.
Tu es ma substance, ma nourriture. J’ai goûté une amitié si pure.

Plus rien ne nous sépare… Même sans se revoir, Il y a une suite à notre histoire. On ne détruit pas une amitié si rare.  

Par la pensée, les souvenirs, 
Je continuerai à la vivre.
Ami, rien ne te remplacera
. Que tu sois beau, laid, esclave ou roi.
Une fenêtre ouverte

La mort n’est jamais complète,
il y a toujours puisque je le dis 
puisque je l’affirme au bout du chagrin 
une fenêtre ouverte, une fenêtre éclairée.
Il y a toujours un rêve qui veille,
désir à combler, faim à satisfaire,
un cœur généreux, une main tendue
 une main ouverte 
des yeux attentifs
 une vie, la vie à se partager.

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